20.10.2008
Note d'intention
Il y a peut-être 15 ans, je découvrais au cinéma de minuit sur FR3 Les Anges du Péché qui m’époustoufla par son sujet et ses images. L’accomplissement total et l’absolu avec lesquels vivaient les personnages de cette histoire me captivèrent. L’unité de lieux et l’intelligence des dialogues me séduirent immédiatement, pour me convaincre de l’adapter un jour sur une scène de théâtre.
La distance qui existe entre le lieu, les personnages du film et l’intrigue, me plut particulièrement : en effet ici pas de propagande et pas de certitude.
De prime abord, on pense certains personnages blancs, purs et d’autres moins, mais ici les auteurs décrivent des personnages partagés, dans leurs doutes et leurs convictions ; des antihéros cerclés de murs comme de règles en quête d’absolu, sans accepter de renonciation.
C’est magnifiquement théâtral la vie d’une communauté en un lieu clos ; qu’il soit couvent ou prison ! D’autant qu’on nous le montre ici avec un souci du réalisme avec les petitesses que comporte toute collectivité humaine et la difficulté de se plier à la règle comme à la soumission de ses supérieurs.
Anne-Marie est insupportable de bonnes intentions, mais à l’immuable, elle répond par une dimension supérieure et se heurte à la règle.
Paradoxalement Thérèse, en subissant la règle injuste et aveugle, est brisée jusqu’à en tuer. De ces contradictions les deux protagonistes se libèreront, grandies.
Ces histoires me passionnent car elles stigmatisent la routine et la tiédeur où la réalisation de soi est une épopée quotidienne.
Ce qui m’a plut aussi c’est ce théâtre de femmes où les mots les regards, c’est selon, sont des armes ou des pansements.
Laurent Le Bras
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Scénographie
Le NOIR et le BLANC
En 1943, R.Bresson tournait son premier film en noir et blanc. Avec son chef opérateur P.Agostini, il affirmait un style où les blancheurs d’Albâtre et les évanescences lactées s’opposait aux pénombres nacrées.
Les « anges » ici ont leur palette : la bure noire de la farouche réhabilité s’oppose au blanc de la réhabilitante. La nuit sombre de brume ou grise de pluie s’affronte au soleil du jardin du cloître.
L’action se passe principalement dans un couvent et une prison, occasionnellement dans une rue, un bureau de police, un palier…
▪ Sur scène, aucun décor réel et peu d’accessoires,
▪ Des murs de toiles (cycloramas) permettront la projection de combos ou de créer des ambiances,
▪ Des aires de jeu détourées par des lumières tranchées : la prison (une cellule – le bureau du directeur…), le couvent (le cloître, la chapelle..), etc.
▪ Une unité de couleur : du noir, du blanc, un camaïeu de gris pour les costumes,
▪ Une scénographie qui suggère plutôt qu’elle ne montre, au service de cette histoire ; mettre en valeur la densité et l’acuité de l’interprétation dans un décor sobre et dépouillé.
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